Génération 2001
L’appartement de Stan est un trois-pièces sous les toits qui sent le tabac brun, l’encens bon marché et le parfum Le Mâle de Gaultier. Sur l’ordi beige dans le coin, Winamp tourne en boucle sur une playlist de Trip-Hop gravée à la va-vite.
Chloé est assise par terre, le dos contre le canapé clic-clac. Elle porte ce jean taille basse qui lui coupe les hanches et un petit haut synthétique. Elle tire une latte sur sa cigarette roulée, nerveuse. En face d’elle, Stan et Medhi, ses deux potes de toujours, sont affalés sur le matelas posé à même le sol. Ils ont grandi ensemble, ils ont partagé leurs premières taffes, leurs premières cuites au Malibu-Ananas. Il n’y a pas de filtre.
— Le nouveau, il est gentil, dit Chloé en soufflant la fumée, mais au lit, il est crispé. J’veux lui faire un truc qui le calme direct. Un truc de ouf. Mais j’sais pas m’y prendre comme vous.
Stan et Medhi échangent un regard. Ils sont bi, tout le monde le sait dans leur petit cercle, et ils baisent ensemble quand l’ennui ou l’envie les prend entre deux parties de console. — Tu veux voir la technique ? demande Medhi avec un sourire en coin. Il porte un baggy large qui glisse déjà sur ses caleçons.
Chloé hoche la tête. Elle écrase sa clope dans le cendrier plein.
Stan se redresse. Il dégrafe son pantalon large. Pas de cérémonie. Il sort sa bite, déjà mi-dure. Medhi s’approche. Il ne se met pas à genoux, c’est trop solennel. Il se penche juste, une main posée sur la cuisse de Stan. — Regarde bien, dit Medhi à Chloé. Le secret, c’est pas la vitesse. C’est l’humidité.
Medhi prend le sexe de Stan en main. Il lèche la base, remonte lentement, englobant les bourses au passage. Puis il l’enfourne. Chloé se rapproche à quatre pattes. Elle voit les joues de Medhi se creuser. Elle entend le bruit mouillé, rythmé, shhh-lop, shhh-lop. Medhi ne fait pas semblant. Il descend profond, sa gorge accueillant le gland sans un haut-le-cœur. Stan a la tête renversée en arrière, les mains agrippées au drap housse délavé. — Putain… souffle Stan. Tu vois Chloé ? Il ne serre pas les dents. Il fait ventouse.
Medhi se retire avec un bruit de succion sonore. Un filet de bave relie sa bouche au sexe de Stan. Il essuie le coin de ses lèvres du revers de la main. — À toi. Prends ma place.
Chloé s’insère entre eux. L’air est chargé d’électricité et d’odeur de sexe. Elle saisit la verge de Stan. Elle est brûlante, lubrifiée par la salive de Medhi. C’est un mélange intime, le goût de son ami d’enfance sur la peau de son autre ami. Elle reproduit le mouvement. Stan pose sa main sur sa nuque. — Relâche ta mâchoire, guide-t-il. Voilà. Laisse ta langue molle en dessous.
Pendant qu’elle s’applique, Medhi passe derrière elle. Il écarte les pans de son jean. Il ne l’enlève pas, il le baisse juste assez pour libérer ses fesses. Le frottement du denim sur ses cuisses nues l’excite. Elle ne porte rien dessous, comme souvent. — Lève-toi un peu, murmure Medhi.
Chloé se redresse sur ses genoux, lâchant le sexe de Stan une seconde. Medhi la saisit par les hanches. Il crache dans sa main, frotte l’entrée de sa chatte et rentre d’un coup. C’est une levrette brute, ancrée dans le sol. Chloé pousse un cri étouffé, surprise par l’épaisseur.
Stan ne lui laisse pas le temps de respirer. Il se rassoit face à elle et remet son sexe dans sa bouche. — Continue, ordonne-t-il.
Chloé est prise en étau. Derrière, Medhi la pilonne avec une cadence lourde, ses hanches claquant contre les fesses de Chloé. Devant, elle doit gérer le rythme de Stan. Elle est remplie. Saturée. La musique de fond semble accélérer. Elle sent la sueur de Medhi couler sur son dos nu. C’est la friction parfaite. Medhi touche le bon endroit, cet angle qu’il connaît parce qu’ils en ont parlé mille fois. — J’vais jouir ! crie-t-elle la bouche pleine, le son mourant dans la gorge de Stan.
Son orgasme la traverse, violent. Ses cuisses tremblent. Elle serre les dents sur Stan qui grogne de plaisir, manquant de jouir aussi. Medhi continue, impitoyable, profitant des contractions de Chloé pour se faire plaisir.
— On tourne, lance Stan, haletant.
Retrait. Chloé s’effondre une seconde sur le matelas, les cheveux collés au visage. Mais Stan la relève. Il la retourne. Il la couche sur le dos. Il écarte ses jambes, relevant ses genoux vers sa poitrine. C’est lui qui rentre en elle cette fois. Il est plus nerveux, plus rapide que Medhi. Il la bouscule. Medhi, lui, vient s’agenouiller au-dessus de son visage. — Ouvre, dit Medhi.
Elle prend Medhi dans sa bouche tout en se faisant défoncer par Stan. Le goût est différent, plus salé. Stan lui tient les chevilles, les écartant au maximum pour s’enfoncer jusqu’à la garde. Chloé est une poupée désarticulée entre leurs mains expertes. Ils ne la ménagent pas, parce que c’est leur pote et qu’ils savent qu’elle encaisse.
Le deuxième orgasme monte plus vite, nourri par l’épuisement et la surexcitation. Chloé gémit, un son long, plaintif. Stan accélère, donnant des coups de reins secs. Medhi, sentant la fin proche, se retire de sa bouche et commence à se branler furieusement, le regard planté dans celui de Chloé.
— Maintenant ! gueule Stan.
Chloé jouit, le corps arqué, les orteils crispés. Au même moment, Stan se retire. Les deux garçons sont au-dessus d’elle. Le premier jet de Stan atterrit sur sa clavicule. Celui de Medhi frappe son sein gauche. Ils se vident sur elle, par saccades, recouvrant sa poitrine et son cou de sperme chaud.
Ils s’écroulent tous les trois, un amas de membres, de jeans mal mis et de sueur. Chloé reprend son souffle, la poitrine qui se soulève difficilement sous le liquide collant. Stan attrape le paquet de clopes posé par terre, en allume une et la tend à Chloé. — C’est bon, dit-elle en tirant une latte, un sourire fatigué aux lèvres. Je crois que j’ai compris la technique.